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Palombe&tradition N°14

SOMMAIRE

L’ÉCHO DES CABANES
INTERNET - L’association Nationale des chasseurs de palombe
DOSSIER TECHNIQUE - Va-t-on devoir changer nos habitudes…
PALOMBE ET RUGBY - Laurent Mazas : L’homme qui crucifia le Lot-et-Garonne
DOSSIER SPECIAL:
    La migration 2006
    La faute au réchauffement
    Les mystères de la migration
    Migration et changement climatique
    Fédérations de chasseurs et associations donnent leur avis
    Témoignages de chasseurs
FEU ROUGE - FEU VERT
LES ARBRES - Le temps change
HIVERNAGE - Les conséquences néfastes du « mulching »
Quelques éléments de réflexion…
CHIENS - « Tel maître, tel chien! »
NIDIFICATION - Le retour du prinptemps
DOSSIER TECHNIQUE - Le travail à la nacelle
La tête dans le ciel…
ITALIE - « I ferri del mestiere »
LES RECETTES DU PALOUMAYRE

Edito

En 2007, peut-on encore chasser au printemps ?

S‘il fut un temps où je serais le premier monté au créneau pour défendre cette survivance, il en est autrement aujourd’hui. Peut-on encore chasser les palombes au printemps ?

Cette question peut paraître saugrenue venant d’un défenseur des chasses traditionnelles, mais chasse traditionnelle ne veut pas dire chasse archaïque, sinon nous monterions encore nos appeaux tous les matins à « l’espérac ». D’après Audebert II  dans son ouvrage « La chasse de la palombe dans le Bazadais », ce sont les Néracais (47) qui les premiers ont chassé la palombe, ils pratiquaient alors au printemps. Cependant, ils ne chassaient qu’au filet, les fusils n’existant pas. Depuis le milieu du XVIe siècle, les choses ont bien changé et heureusement.
Les fusils sont apparus, puis les voitures, mais aussi notre connaissance de la biologie des oiseaux et en particulier des palombes. Si les vieux Gascons chassaient au printemps en 1550, ils pouvaient se le permettre, on ne parlait pas de pression de chasse ni de gestion des populations, en 2007, il en est autrement. On pensait autrefois que les populations  de palombes étaient pléthoriques, on sait maintenant par les comptages ( la dernière migration nous le prouve ) que les effectifs ne sont pas à l’abri d’une quelconque baisse. D’après les comptages 2006, il manquerait 500 000 palombes au 1er janvier. Ne sont-elles pas passées, ou sont-elles passées après que les compteurs aient déserté leurs postes ?
Mystère !

On ne peut que déplorer les chasses de printemps qui persistent notamment dans l’Ardèche au col de l’Escrinet où les palombes sont réduites à de simples plateaux de ball-trap. Heureusement, ce n’est qu’une exception et la plupart des chasses de printemps ont disparu. Mais nous devons rester vigilants car les populations d’oiseaux sont fragiles et les migrateurs difficiles à gérer car leur aire de répartition s’étend sur plusieurs pays. Alors espérons que les palombes que nous avons laissées feront beaucoup de petits et continueront longtemps à passer sur nos palombières. 

Philippe Ducos, rédacteur en chef

Dossier spécial :

Migration et changement climatique

Observation, analyse et prévision sont les trois piliers de la conduite du chasseur. C’est également le domaine du professionnel de la météorologie que je suis. Force est de constater que l’actualité cynégétique et météorologique se télescopent en ce début d’année 2007. En y regardant avec un peu plus d’attention, on s’aperçoit très vite que les remarques des uns et des autres convergent vers un constat commun. Le climat se modifie.

En effet les conclusions du GIEC (*) qui viennent d’être publiées en ce début février 2007 nous annoncent avec de plus en plus de précision et de pertinence des lendemains peu engageants à l’horizon 2050 -2100.
Il est évident que depuis quelques années l’observation et l’analyse de la migration nous permettent de constater des dérèglements inattendus et remarquables. Tous les chasseurs de la palombe observent des phénomènes récurrents tels que le  retard de la migration, la sédentarisation dans les pays nordiques, la déviation des flux migratoires moyens.  Ces perturbations cynégétiques perturbent les chasseurs et plus particulièrement les chasseurs traditionnels de la palombe. La succession de phénomènes météorologiques extrêmes, comme les étés caniculaires, des hivers très secs,  des automnes très doux, des systèmes orageux violents, des périodes de vent de sud anormalement longues sont des observations qui signalent une modification climatologique de fond, certes lente mais inexorable. Les résultats du GIEC (*) confirment ce que les météorologistes annonçaient déjà dès 1991, date des premiers rapports alarmistes  sur le changement climatique. Les derniers scénarii confirment le réchauffement pour le siècle à venir et resserrent la précision sur l’évolution de la température [...]

Hivernage :

Les conséquences néfastes du « mulching »

Les chasseurs du Sud-Ouest sont inquiets et attirent l'attention des pouvoirs publics sur le problème posé par la mise en pratique des dispositions de la Politique Agricole Commune. Mais le ministre se montre inflexible.

Il y a eu moins d'oiseaux en hivernage car il y a eu moins de nourriture », affirme sans ambage Jean-Roland Barrère, président du Groupe d'Investigation sur la Faune Sauvage (GIFS) et vice-président de la Fédération Départementale des Chasseurs des Landes. Les statistiques ( voir tableau ) n'ont pas encore été analysées par les spécialistes mais il semble d'ores et déjà que le « mulching » (1), qui consiste à broyer les résidus de maïs et à les enfouir dans le sol le mois suivant la récolte, soit la principale cause de cette pénurie de ramiers. « On a trouvé des glands de manière irégulière mais c'est le « mulching » et la terre retournée qui amènent les palombes à se répartir un peu partout. Le garde-manger les fait bouger ». 
Les données du dernier recensement confortent le commentaire de Jean-Roland Barrère. On voit ainsi que des départements comme le Tarn-et-Garonne ( 9 817 oiseaux en décembre 2006 contre 58 425 en janvier 2007 ) et la Dordogne ( 7 450 contre 15 100 ) ont enregistré une forte hausse des populations en hivernage. 
Face à ce constat, Jean-Raymond Recha, président de la fédération des chasseurs des Landes, n'a pas hésité à adresser un courrier pour exprimer son inquiétude au ministère de l'agriculture et de la pêche, le 15 février dernier. 
Pessimisme.
Le président a rappelé que, depuis 2004 et la mise en application du « mulching », l'hivernage a été divisé de moitié, « passant d'environ 380 000 oiseaux à environ 150 000 entre l'hiver 2004-2005 et l'hiver 2005-2006 ». Selon Jean-Raymond Recha, « tout ceci prouve que les mesures prises ont des conséquence sur la faune sauvage et sur un nombre bien plus important d'autres espèces que le pigeon ramier » [...]

 

Nidification :

PALOMBES, le retour du printemps !

Nous sommes au mois d’avril et une palombe estonienne vient de traverser le golfe de Finlande pour sa migration de retour. Après avoir survolé de nombreux bras de rivières, des petits lacs, notre palombe s’arrête dans un petit bois d’épicéas qui semble idéal pour une première couvée.

Elle aurait pu s’arrêter plus tôt, plus au sud, mais son instinct de grande migratrice l’a poussé jusqu’ici. Comment échapper à ce besoin d’aller toujours plus loin ? Pourtant, certaines palombes arrivent à s’affranchir de cet appel au voyage et restent de plus en plus dans le nord ou l’est de l’Europe. Mais elle n’est pas encore prête pour rester, tant que ses ailes la portent… Nous sommes au nord-est d’Helsinki, dans le parc naturel d’Ossa, en Finlande. Il reste encore un peu de neige mais ça ne devrait pas durer, déjà les premiers chatons de bouleaux sortent de leur léthargie.

Depuis quelques jours, un mâle parade autour de notre palombe, il fait claquer les ailes et fait des circonvolutions autour de l’arbre sur lequel elle est perchée. Il lui fait une cour assidue et roucoule régulièrement pour charmer notre belle. Il n’est pas le seul, un peu partout dans la forêt, on entend roucouler et claquer des ailes. Mais il n’a pas l’air d’être indifférent à notre palombe et bientôt avec précaution, le mâle vient près d’elle, roucoule et entame une sorte de danse la queue en l’air et en éventail. Quelques allers et retours le long de la branche, et quelques sauts sur place précipitent nos deux amoureux au comble de l’excitation. Notre palombe fait semblant de le repousser, il revient à l’assaut, mais cette fois-ci elle ne le repoussera pas. Alors le mâle lui saute dessus. L’accouplement n’a duré que quelques secondes.

Depuis le lever du jour, les roucoulements se font plus pressants d’un arbre à l’autre, le mâle invite la femelle à choisir un emplacement pour le nid. Après avoir dédaigné plusieurs emplacements, la femelle a jeté son dévolu sur une fourche d’épicéa exposée plein est, c’est là qu’ils vont installer leur nid, les bouleaux n’ont pas encore mis les feuilles. Depuis quelques jours le mâle est très occupé à défendre son territoire. Perché à la cime, il répète des COUH-COU-HOU à longueur de journée, se lisse les plumes et émet de temps en temps des roucoulements particuliers, des « houh-grrouh » pour appeler sa femelle. Le mâle n’arrête pas de faire résonner son appel au nid. Quelques va-et-vient sur la branche, puis les oiseaux commencent les travaux de construction du nid. Le mâle va chercher des matériaux de construction pendant que la femelle l’attend pour les assembler. Le nid est un amas de brindilles posé à même la fourche de l’arbre sans grandes précautions apparentes[...]

 
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