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Palombe&tradition N°43

SOMMAIRE

     4    L’ECHO DES Cabanes…
   10    DOSSIER - Tous les ans, palombière rime avec travail
   18    PALOMBES ET RUGBY - Dominique UBERTI, Fidèle à la Haute-Lande
   20    BALISES ARGOS - Une première en Russie et en Norvège
   22    Palombes d’ailleurs
   24    PRELEVEMENTS - Des solutions raisonnables à trouver
   30    portrait - Michel Abeille : de la garderie à la palombière
   32    Calendrier des fêtes de la Palombe 2014
   34    Autour d’elles... - Voyons voir…
   37    SOCIETE - Contre les pigeons urbains SDF, on détourne les autours... des palombes
   40    INTERVIEW - Jean-Roland Barrère : « J’ai définitivement perdu ma langue de bois »
   44    Les mots gascons des paloumayres
   46    PASSION - Nos traditions nourrissent le corps et l’esprit
   48    « LA TETE DANS LE CIEL... »
   52    ITALIE - Les « LASCE »
   56    LES RECETTES DU PALOUMAYRE

Edito

Une évolution maîtrisée ?

Il n’est pas si loin le temps où les chasseurs de palombes du sud-ouest étaient considérés comme les tenants d’une tradition régionale pleine de rites et de mystères. Les très sérieux dictionnaires de l’Académie Française confirmaient d’ailleurs cette impression, puisque, à propos du mot « palombe » celui de 1798 parlait d’un « oiseau de passage, espèce de pigeon ramier des Provinces voisines des Pyrénées ». Les éditions de 1835 et de 1932 entérinaient cette définition, celui de 1986 précisait quant à lui qu’il s’agissait du « nom donné au pigeon ramier dans le sud-ouest de la France ». Les chasseurs de notre région devenaient en quelque sorte les inventeurs du mot palombe. Beaucoup d’entre nous seront par contre surpris d’apprendre que leur palombière est, selon un site de recherche sur Internet, une « hutte de rondins perchée sur les arbres et destinée à la chasse aux palombes ». Pour les internautes, nous sommes sans doute de lointains descendants de Robinson Crusoë ! 
Académie Française ou Internet ne peuvent rien face à une évolution inéluctable : de gibier des « Provinces voisines des Pyrénées », la palombe est devenue le premier gibier sauvage de France même si d’irréductibles gaulois continuent à l’affubler du nom de pigeon.
Premier gibier sauvage de France ! L’enquête sur les prélèvements réalisée par Pierre Verdet dans notre numéro précédent a fait réagir nos lecteurs, elle a mis en lumière la nécessité d’une prise de conscience des chasseurs. Cette prise de conscience existe, elle ne nous a pas attendus, elle pourrait se résumer à un mot : « limitation », limitation des prises, limitation du nombre d’appelants, limitation des jours de chasse... chacun y va de sa solution. Mais y a-t-il une solution ? quand on sait que l’oiseau auquel nous consacrons tant d’efforts ici, peut être classé nuisible ailleurs sans élever la moindre polémique

René Laffore, Rédacteur en chef

Tous les ans, palombière rime avec travail

Les premiers beaux jours arrivant, il est temps, pour le Paloumayre, de penser aux travaux de l’année.

Tout le monde n’a pas la même approche de la palombière

Les paloumayres peuvent être classés  en trois catégories : 
Celui qui passe sa vie à la palombière du 1er janvier au 31 décembre, il est souvent retraité, il s’ennuie un peu à la maison et pour éviter les remarques trop nombreuses de sa femme, il va passer tous les jours une heure ou plus à la palombière. Je connais un chasseur qui, tous les matins, prend son journal au bistrot du coin vers les 9h et puis s’en va le lire à la palombière jusqu’à midi. Il en profite pour promener le chien qui ne le quitte jamais, soigner les volants qui restent à l’année au poste. Il fait le tour de toute son installation tous les jours, enlevant une branche tombée par-ci, reformant un portillon par-là. Il ne peut rien se passer à sa palombière sans qu’il ne s’en aperçoive le jour même.

Tout le monde n’étant pas retraité, il y a aussi celui qui en étant tout aussi passionné, n’a pas le temps d’aller tous les jours à la palombière, mais qui y pense très souvent. Dès que le printemps et les premiers beaux jours sont là, il s’échappe un samedi matin pour aller faire un état des lieux assez précis. Lorsque tout a été bien vu et revu, il prépare d’ores et déjà un planning pour que tout soit au top [...]

Prélèvements

Des solutions raisonnables à trouver

Le dossier sur les prélèvements a provoqué de nombreuses réactions. Nos lecteurs-paloumayres sont favorables à des mesures de gestion. Nous leur donnons la parole.

Comme on pouvait s’y attendre, le dossier prélèvements de notre dernier numéro a suscité de nombreuses réactions. Il est vrai que les résultats de l’enquête statistique réalisée à l’initiative de la Fédération régionale des chasseurs d’Aquitaine avec le concours des cinq fédérations départementales, (24, 33, 40, 47 et 64),  étaient de nature à interpeller les paloumayres responsables. Le chiffre de 1 752 585 oiseaux tués au cours de la saison 2012-2013, dont  455 000 en hivernage sur cette seule région Aquitaine, claquait comme un sérieux avertissement pour tous ceux qui souhaitent ne pas casser le beau jouet.
Si pour certains ces chiffres ont été une surprise, pour beaucoup d’autres ils ne sont que la confirmation de craintes augmentant au fil des saisons. Si l’on excepte les veinards se trouvant sur le couloir central encore normalement alimenté, il est évident que la migration diminue partout ailleurs. Les témoignages sont nombreux sur ce thème. « Je chasse dans les cols pendant la migration et le flux migratoire que j’observe depuis 40 ans s’est réduit de moitié », affirme par exemple Bernard Olivier de Talence, (33).  
« Cette enquête très intéressante est un peu effrayante mais pas surprenante pour moi qui chasse au pied des Pyrénées[...]

 

Voyons voir?

Il est des images fortes qui parlent d’elles-mêmes, comme le fleuve bleu de notre ami Pierre Verdet, qu’il utilise pour désigner le flot migratoire à l’automne. Dans un registre moins poétique, il m’arrive, fort à regret, d’évoquer les usines à viande, pour dénoncer les abus en matière de prélèvements. La montagne à gravir ou montagne à ravir évoque bien, à mes yeux, ce qu’est la chasse en palombière. La période tant attendue représente ces instants magiques, au sommet, où tout notre être se régale du spectacle et goûte à la récompense. Et l’ascension, si l’on se réfère à ces dénivelés ariégeois, ce sont tous ces jours de préparation, de constance, de persévérance empreints d’une seule obsession : arriver là-haut pour jouir -le mot n’est pas trop fort-  de ces instants inoubliables… 

Dans la vie des cabanes, ce sujet, très sensible, ne peut s’aborder qu’avec le bon vouloir de chacun des compagnons de chasse. L’âge moyen des équipes augmente inexorablement… et cela se voit !
Les premiers symptômes  
C’était il y a une dizaine d’années. A cette époque, la palombe posait encore, à peu près où nous le souhaitions. Parfois, nos arbres les plus proches bleuissaient, et les oiseaux étaient à bonne portée de fusil. Au gré des fortunes quotidiennes, nous suivions raisonnablement  la migration. Nous avions réussi quelques salves, mais je manquais. Trop souvent et de manière répétitive. Après avoir normalement incriminé la cartouche, le fusil, le dispositif de visée, la branche, l’oiseau…je décidai alors de m’interroger plus précisément  sur mon passé de voyeur !
Deux choses me mirent la puce à l’oreille[...]

 
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