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Palombe&tradition N°7

SOMMAIRE

L’ÉCHO DES CABANES
HISTOIRE - Depuis l’Egypte ancienne
4 saisons de travaux (suite)
DOSSIER - Les arbres de la palombière 3ème partie 
                    “Les ravageurs des feuillus”
ASTUCE - L’espérac
PRATIQUE - Dans quels bois nos enfants monteront-ils leur palombière ?
PALOMBE ET RUGBY - Christophe Coro
SÉCURITÉ - Allo, maman bobo
TERROIR - Un parisien atteint…
Nos amis les arbres
DOSSIER - le grand débat…
CHIEN - Sage aux bruits d’ailes
LE PIGEON SUR FIL
ENQUÊTE - Le bonheur est dans le “jouquet”
UN HOMME ET SA PALOMBIÈRE  Gilles Falga ou l’art de l’élevage
LA TÊTE DANS LE CIEL…LES PIEDS DANS L’EAU
LES RECETTES DU PALOUMAYRE

Edito

Lorsque tu chéris ce bois, si changeant au fil des saisons, que tu l’entends protéger par dessus tout, surtout ne change rien…

Lorsqu’en sortant, à la nuit, dès le premier pas à l’extérieur, tous tes sens se mettent en alerte… Quel vent fait-il ? Comment est la lune ? Ecoutons voir si la grive, si l’alouette…Surtout ne change rien…

Si tes enfants, comme les miens, attendent avec impatience « la nuit des grues » cette nuit de grand chamboulement migratoire durant laquelle les « cri, crou » puissants marquent l’aller ou le retour, surtout ne change rien…

Lorsque, depuis la « gueyte », tu essais d’imaginer ce que voient les oiseaux lors de la pose et comment situer le nouvel appelant pour qu’il soit naturel, surtout ne change rien…

Lorsque la bouffée d’émotion t’étreint, générée par une pose ou une prise, et que seul le partage de ces instants entre amis permet de les dire tellement ils sont forts et intimes, surtout ne change rien…

Lorsque, pour la énième fois, tu constates que l’on est serein et heureux à la « gueyte », que la discussion avec les participants fait revivre les anciens, que l’histoire fonde ta pratique, surtout ne change rien…

Lorsque tu souris gentiment à la panique qui s’empare du chasseur novice voyant l’oiseau mythique marcher sur la branche, surtout ne change rien…

Lorsque la communion est là, tous envahis par l’essai de ne pas gêner les autres, de réaliser ensemble une bonne et belle salve, qu’ensuite les éclats de discussions vont bon train, exutoires après l’effort de concentration intense, surtout ne change rien…

Lorsque chacun donne de soi lors du repas, faisant apprécier aux convives ce qui lui paraît être le meilleur, surtout ne change rien…

Ainsi, ami Paloumayre, lorsqu’une pratique cynégétique s’appuie sur de telles valeurs de partage et de respect écologique, sur une telle débauche de ressentis et d’émotions communes, alors, il faut la faire connaître au plus grand nombre pour la pérenniser.

Robert Niéto, directeur de la publication

Dossier :

Le grand débat

Deux saisons de chasse après le fameux arrêté “appelants”, peut on affirmer que les paloumayres traditionnels du sud-ouest sont réellement pénalisés par la concurrence de chasseurs de palombes plus nordistes? La polémique fait encore rage mais il devient évident que c'est plutôt la pression globale sur l'espèce qui est respsonsable des changements de comportement de l'oiseau bleu.

"Honnêtement, j'ai eu 10 % de poses de moins en 2004 qu'en 2003 et ce phénomène n'a rien à voir avec une pression de chasse accrue sur mon couloir migratoire. C'était seulement la faute à la météo et au vent d'est qui ont fait passer les oiseaux très hauts et très vite lors du premier pic migratoire de la saison", avoue Francis un paloumayre de la haute lande girondine qui consigne scrupuleusement toutes les données du passage et de la chasse dans son carnet de cabane. "Ceci étant précisé, il est vrai que désormais les palombes prennent moins facilement sur les volants et que les oiseaux sont beaucoup plus méfiants quand il s'agit de descendre sur le sol. Mais après tout ce n'est pas très grave, il faut savoir évoluer, reprend Francis [...]

Le pigeon

Le paloumayre a ceci de particulier : il n'est jamais satisfait de ce qu'il a. Il lui semble qu'en déplaçant un appelant, qu'en taillant cet arbre, qu'en rajoutant un trou d'eau sur ce sol, les choses iront mieux. Aussi nous avons vu arriver depuis une dizaine d’années de nouveaux types d’appelants, notamment le pigeon sur fil, appelé aussi “barre à barre”, “navette”,  “voltigeur” ou “funambule”.

Cette recherche permanente de la perfection a amené le paloumayre à inventer des systèmes pas possibles à grand renforts de poulies, de ficelles et autres ressorts. C'est d'ailleurs l'essence même de la chasse à la palombe, faite d'ingéniosité et de rêve. Et comme disait mon grand-père, lorsqu'en inter-saison on passait à la palombière pour "tirer des plans sur la comète", "tu vois drôle, c'est aujourd'hui que l'on a posé le plus de palombe avec ça"; car bien sûr s'il y a des trucs géniaux qui marchent à merveille, combien d'inventions d'un jour, n'ont jamais rien rapporté.

Toutes ces envies de modernisation sont basées sur l'observation : nul ne sera paloumayre, s'il n'est pas observateur, et l'arrivée des pigeons sur fil il y a une dizaine d'années est le fruit de l'esprit d'observation de certains chasseurs. Depuis plus d'un siècle, on posait des palombes en actionnant des appelants qui simulent le dernier mètre de vol de l'oiseau avant qu'il rentre dans l'arbre et pose les pattes sur une branche [...]

 

Pratique :

Dans quels bois, nos enfants monteront-ils leur palombière ?

L'environnement du paloumayre, comme celui de tout citoyen, subit de nombreux bouleversements ces dernières années. Autrefois on récupérait le poste du père ou du grand-père, on savait que l'on allait chasser là pendant x annèes et que lorsque le propriètaire ferait couper la parcelle, il n'y aurait aucun problème, puisqu'il autoriserait l'installation de la nouvelle palombière sur la parcelle à voisine, qui pour l'instant est peuplée de bois jeune, mais qui sera parfaite dans quelques années.

Aujourd'hui, rares sont ces certitudes, car l'actuel propriétaire est vieillissant, ses héritiers potentiels ont quitté le pays depuis longtemps, pour aller s'installer à la ville, travail oblige ; coupés de leurs racines, il est peu probable que la forêt les intéresse vraiment et à la mort du père ils vendront. A qui ? On ne le sait pas ! Mais il y a peu de chance que le nouveau propriétaire qui sera peut-être une société tout à fait anonyme, porte en lui cette tradition ancestrale liée à la culture de la chasse à la palombe qui voulait que moyennant quelques palombes offertes au mois d'octobre, on puisse espérer avoir l'autorisation de monter une palombière presque chez tous les propriétaires.
 Bien sûr, le palliatif à tout cela est d'acheter son bois pour assurer cette pérennité nécessaire à l'installation d'un beau et bon poste à grand renfort de litres de transpiration et d'argent [...]

 
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